Snecma et l'espace : de Diamant à Ariane
La
SEPR (Société d'Etudes pour la Propulsion par
Réaction) et le LRBA (Laboratoire de Recherches Balistiques
et Aérodynamiques), au début des années
60, travaillent à la propulsion dengins expérimentaux
appelés « Pierres Précieuses »,
en raison de leurs noms (Agate, Topaze, Emeraude, Saphir
),
qui permettront dacquérir la maîtrise des
technologies des lanceurs spatiaux civils ou militaires. Le
premier lanceur français, Diamant, décolle avec
succès le 16 novembre 1965 : premier étage à
ergols liquides du LBRA, 2e et 3e étages à poudre
de la SEPR. Il met en orbite le premier satellite français.
Le
mois de juin 1969 sera marqué par deux événements
majeurs pour l'aventure spatiale française : le
moteur à ergols liquides M40, précurseur du
Viking (Ariane 1 à 4), est testé avec
succès, et l'Etat décide de regrouper toutes
les activités françaises liées à
la fabrication des moteurs pour missiles et lanceurs. La Société
Européenne de Propulsion (SEP) est née.
Elle rassemble la SEPR et la division Engins-Espace de Snecma.
Le 21 juillet, Neil Armstrong marche sur la lune.
En novembre 1971, les activités industrielles
du LRBA rejoignent à leur tour la SEP. En 1973, après
léchec du programme Europa, le programme Ariane
est lancé afin de donner à l'Europe son indépendance
en matière de lancement : la SEP sera chargée
de piloter en coopération européenne la conception
et de la réalisation des systèmes propulsifs
des trois étages du lanceur.
Turbomeca, l'autre motoriste français
Turbomeca
poursuit son chemin et démarre en 1960 les essais du
turbomoteur Astazou, premier d'une grande série,
destiné à l'hélicoptère Alouette
II. En 1965, alors que Snecma et Turbomeca s'associent pour
le Larzac, Turbomeca et Rolls-Royce s'associent également
et créent une filiale commune pour le programme de
turboréacteur Adour, destiné au Jaguar
franco-anglais. La même année, débutent
les essais du Turmo IIIC4 qui équipera les hélicoptères
Puma. En 1968, le Jaguar effectue son premier vol, motorisé
par deux Adour. Ce moteur sera également choisi pour
le Mitsubishi T2, qui vole en 1971 et pour le Hawk, dont le
premier vol a lieu en 1974. L'Alphajet vole pour la première
fois en 1973, propulsé par deux Larzac. A la même
époque s'achève le développement du turbomoteur
Arriel, qui vole pour la première fois en 1974
et va équiper les hélicoptères Dauphin
et Ecureuil.
La naissance des équipements
En 1968, Snecma prend le contrôle de Hispano-Suiza.
Outre les moteurs aéronautiques, l'accord apporte à
Snecma des activités dans le domaine des atterrisseurs
(Hispano-Suiza et Bugatti), des turbocompresseurs, des turbomachines
industrielles et de la réparation des moteurs d'avions
(Sochata). La cohérence de métier entre ces
activités de mécanique et les moteurs étant
forte, Snecma développe une stratégie de regroupement
des activités d'équipements et de réparation,
dans le but de pallier aux cycles et aux fluctuations des
marchés aéronautiques.
Fin 1970, Snecma signe avec Messier un accord en vue
de rapprocher leurs activités, qui concerne principalement
les trains d'atterrissage, les roues et freins et l'hydraulique.
En 1971, naît la société Messier-Hispano.
Snecma, qui en possède 34 % à l'origine, en
prend le contrôle en 1973. En 1975, Snecma rassemble
ses activités de réparations de moteurs avec
celles de la Sochata, créant la Sochata-Snecma.
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