Les débuts des moteurs-fusées
français
Afin de développer les recherches en matière
de fusées, la France crée en 1944 la Société
dEtudes pour la Propulsion par Réaction, la SEPR.
Celle-ci se lance dans létude de la propulsion
par moteur-fusée des avions militaires. En 1952, lEspadon
réussit un premier vol : cest un avion équipé
dun turboréacteur et dun moteur-fusée
SEPR utilisé pour le décollage et les phases
de combat. Tout au long des années 50, des moteurs
SEPR sont testés sur différents avions expérimentaux
: Trident I et II, Gerfaut, Mystère, Durandal, Mirage
I
Le 2 mai 1958, le pilote dessais Roger Carpentier
fait grimper son Trident II jusquà 24 217 m,
battant le record du monde daltitude.
A
la fin des années 50, le concept du Trident II, un
moteur-fusée principal et des turboréacteurs
de faible poussée, est dépassé par celui,
inverse, du Mirage III : un turboréacteur principal
et un moteur-fusée dappoint pour linterception.
Alors que le Trident II natteindra jamais la série,
le Mirage IIIC équipé du couple Snecma Atar
9B et SEPR 844 est adopté par les Armées
de l'Air de six pays et fabriqué à plus de 300
exemplaires. Mis en service en 1959, il le restera jusque
dans les années 80.
Créé
en 1946, à des fins essentiellement militaires, le
Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques
(LRBA) est chargé, en 1949, de réaliser
une fusée-sonde destinée à effectuer
des expériences dans la haute atmosphère. Essayée
en vol à partir de 1952, la première Véronique
doit emporter 60 Kg dinstruments scientifiques à
65 Km daltitude. Haute de 6 m, elle est dabord
équipée dun moteur à acide nitrique
et kérosène de 4 t de poussée, puis dun
moteur à acide nitrique et essence de térébenthine
de 6 t de poussée.
De 1952 à 1975, cinq versions de Véronique
aux performances croissantes sont lancées depuis le
Sahara, puis de Kourou (Guyane). À Véronique
succède Vesta, dont la poussée atteint 16 t.
Le LRBA travaille également sur les moteurs-fusées
à liquides de forte poussée, comme le Viking
I, sous la direction de lingénieur allemand
Heinz Bringer.
Le 4 octobre 1957, la Terre possède un nouveau
satellite. Il est artificiel et se nomme Spoutnik. Dans un
contexte de Guerre Froide, Soviétiques et Américains
accomplissent des avancées spectaculaires tant en matières
de conquête spatiale que de lanceurs ou de missiles,
désormais intercontinentaux. Il devient alors prioritaire
pour la France de constituer une Force de Frappe capable de
préserver son indépendance nationale. Parallèlement
au programme du bombardier Mirage IV, motorisé par
des Atar 9B puis 9K, l'État décide de se doter
de missiles balistiques. En 1958, le LRBA et la SEPR se voient
confier la responsabilité du développement de
la propulsion à liquides et à poudre pour les
missiles de la Force de Dissuasion française.
La naissance des hélicoptères
Les études menées aux Etats-Unis, pendant
la guerre, sur les hélicoptères, ont débouché
sur des modèles légers utilisés en Corée
notamment. En 1951, Turbomeca réalise une première
mondiale avec le vol du SO 1120, premier hélicoptère
propulsé par une turbine à gaz turbosoufflante
Arrius II. S'en suivront les turbomoteurs Artouste
(Sykorsky S-52, Alouette II), Turmo (Super Frelon),
les turbopropulseurs comme le Bastan (Nord 260), puis
les premiers turboréacteurs comme le Gabizo
souvent utilisé en association avec des moteurs fusées
de la SEPR, comme sur l'Espadon et les Trident I et II. Turbomeca
cède des licences de fabrication au américains
Fairchild et Continental, et à l'anglais Blackburn.
En 1956, Hispano-Suiza et Turbomeca s'associent pour créer
la CGTM (Compagnie Générale des Turbomachines)
pour des essais en vol de moteurs.
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