A la fin du 19ème
siècle, le développement du moteur à
explosion déclenche la révolution des transports,
ouvrant la voie aux grandes innovations de l'automobile et
de l'aéronautique naissantes. En 1890, Clément
Ader " décolle " de quelque vingt centimètres
sur une cinquantaine de mètres à bord de son
" Eole ", propulsé par une machine à
vapeur. Ader baptisera son engin Avion, acronyme d'Appareil
Volant Imitant les Oiseaux Naturels.
Le Gnome fait décoller l'aéronautique
Quelques années plus tard, en 1895, un ingénieur
de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, Louis Seguin,
ouvre à 26 ans à Gennevilliers sa première
usine, et achète la licence de moteurs à pétrole
Gnome pour bateaux à la firme allemande Motoren Fabrik
Oberursel.
Le
17 décembre 1903, Orville Wright fait décoller
son Flyer et se maintient en vol pendant une douzaine de secondes.
Louis Seguin et son frère Laurent diversifient leur
production en fabriquant des moteurs industriels. Le 6 juin
1905 il fonde la " Société des moteurs
Gnome ". Celle-ci produira d'abord des moteurs de bateaux
puis d'automobiles avant de se lancer dès 1907 sur
un nouveau créneau : le moteur rotatif pour
aéroplane.
Mais le moteur d'avion en tant que tel n'existe pas
encore. En effet, les nombreux constructeurs de moteurs à
explosion (Panhard-Levassor, Peugeot, Clément-Bayard,
Ader, Aster, Darracq, Chenu et d'autres) ne font qu'adapter
des produits dérivés de l'automobile à
l'aéronautique. Le moteur d'avion, pensé et
développé pour cette utilisation, n'est pas
encore né.
Après quinze mois de développement,
dès 1909, le premier moteur pour aéroplane des
frères Seguin est produit en série. Le Gnome Omega,
75kg, porte désormais la puissance des moteurs d'avions
à 50 ch. Construit à plus de 1 700 exemplaires
en France mais aussi sous licence en Allemagne, Suède,
Grande-Bretagne, Etats-Unis et en Russie, il permettra à
Henry Farman en 1909 de battre le record du monde de
distance et de durée (180 km en 3h15) sur un avion
Voisin.
Ce
moteur, qui permettra de dépasser les 100 km/h
dès 1910, accumulera 30 records du monde
à une époque qui verra fleurir de nombreux constructeurs
d'aéroplanes : la " Société
Antoinette ", les " Constructions aéronautiques
Henry Farman ", les " Etablissements Robert Esnault-Pelterie "
et " Blériot Aéronautique ".
La France est leader mondial incontesté de
la construction aéronautique. Louis Blériot
traverse pour la première fois la Manche le 25 juillet
1909, les meetings aériens et les courses se multiplient,
les journaux populaires se font l'écho des exploits
de ces nouveaux chevaliers du ciel. A partir des années
1910, le moteur rotatif en étoile s'allège,
offre un refroidissement et un fonctionnement améliorés.
1911 : le Rhône 9C sonne la charge
En
1910 Louis Verdet, ingénieur des Arts et Métiers
conçoit un moteur rotatif pour avion. Deux ans plus
tard, il produit un prototype de 7 cylindres en étoile
développant 70 ch et pesant 90 kg. La même année,
il fonde la "Société des Moteurs Le Rhône",
installée Boulevard Kellermann, à Paris, d'où
sortira le célèbre Le Rhône 9C,
moteur rotatif 9 cylindres en étoile de 80 ch. Ce moteur
équipera de nombreux modèles d'avions pendant
le premier conflit mondial.
Tout comme le Gnome, Le Rhône est aussi fabriqué
sous licence en Allemagne, Autriche, Grande-Bretagne et Suède.
Gnome et Le Rhône se livrent une lutte commerciale et
industrielle acharnée, dont les pilotes sont les ambassadeurs.
Le 23 septembre 1913, Roland Garros traverse la Méditerranée
sur monoplan Morane-Saulnier à moteur rotatif Gnome
de 50 ch. |
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